Ein besonderer Ausbildungsverbund in Genf

Das Centre d’enseignement professionnel (CEP) UIG-UNIA in Genf ist einer der wenigen Ausbildungsverbünde in der Westschweiz. Er wird von der Union Industrielle Genevoise (UIG) und der Gewerkschaft UNIA getragen und aus Mitteln des Bundes, des Kantons, des kantonalen Berufsbildungsfonds (FFPC) und der UIG finanziert.

Jugendliche, die sich für einen MEM-Beruf interessieren werden vom CEP getestet (jährlich 130-150 für die 35-40 Plätze), anschliessend erhalten alle beteiligten Firmen deren Unterlagen. Sie stellen sie an, der Lehrvertrag lautet also von Anfang an auf die Lehrfirma. Im ersten Jahr lernen sie jedoch seit 1992 in den Räumen des CEP (Basislehrjahr). Später besuchen sie dort die überbetrieblichen Kurse und eine Vorbereitung auf die LAP. Im 3. und 4. Lehrjahr absolvieren sie Praktika in anderen Firmen des Verbunds um eine breitere Ausbildung zu erhalten. Während drei bis vier Halbtagen pro Woche besuchen sie die kantonale Berufsfachschule CEPT, zusammen mit den Jugendlichen, die in der Lehrwerkstätte des CEPT ihre praktische Ausbildung absolvieren, wobei sie auch praktische Kurse in der sehr gut ausgestatteten Lehrwerkstätte des CEPT absolvieren.

Jacques Amos hat das CEP besucht:Centre d’enseignement professionnel (CEP) UIG-UNIA, Genève

Le CEP est financé par l’OFFT, l’OFPC, la FFPC et l’UIG (Union industrielle genevoise) et géré paritairement, en association, par l’UIG et le syndicat UNIA (qui est toutefois peu présent dans la gestion quotidienne ; en partie, la présence du syndicat est liée à un moment de l’histoire des apprentissages dans les industries de la mécanique à Genève, comme aussi à une tradition de collaboration Etat – patronat – syndicat qui est forte dans le canton). Le CEP dispense à plein temps la formation pratique de première année d’apprentissage à des jeunes sous contrat avec une entreprise (membre ou non de l’UIG), ainsi que les cours interentreprises durant les années 2 à 4 de l’apprentissage et une préparation aux examens de fin d’apprentissage.
Durant l’année d’apprentissage de base, comme après, les cours théoriques et de culture géné-rale sont donnés au CFPT (école professionnelle du canton). CEP préparés : polymécanicien-ne, automaticien-ne, électronicien-ne, dessinateur-trice – constructeur-trice in-dustriels-elles et laborant-ine en physique. Le CEP forme entre 35 et 40 apprentis de 1ère année.

Le CEP ne dispense pas de formation professionnelle initiale sous statut scolaire, puisque les apprentis ont dès le début un contrat avec une entreprise. On est donc dans le système dual. Les apprentis peuvent toutefois avoir l’impression au début de cette première année qu’ils sont dans une sorte d’école de métiers. Mais il existe des différences importantes par rapport à une formation en école de métiers. Les maîtres d’apprentissage viennent périodiquement voir leurs apprentis dans le centre, certains chaque mois, et il arrive qu’ils les prennent en stage pour une semaine en cas de difficultés de comportement ou de doute sur leur choix du métier ou d’orientation – par exemple durant la semaine de vacances d’automne. Dans tous les cas où apparaissent des difficultés d’acquisition ou de comportement, les problèmes sont analysés et les solutions trouvées avec l’entreprise. En cas de difficultés importantes, la décision de résilier le contrat appartient à l’entreprise, mais l’avis des moniteurs est important et pris en compte, ainsi bien sûr que les résultats obtenus aux cours professionnels.
Pour la première année de formation au CEP, les objectifs sont de nature professionnelle, mais aussi comportementale (apprentissage de la discipline d’entreprise, de ses règles de travail).
Par rapport à une école de métiers technique, la formation donnée est très proche, conforme au guide méthodique, générale, large et approfondie. Toutefois, les apprentis du CEP ont davantage de comptes à rendre, notamment au patron avec lequel ils ont signé un contrat (cf. ci-dessus). Les apprentis ont fait le choix du dual, et acceptent un encadrement plus exigeant et le regard du patron. Le cadre est moins scolaire qu’à l’école de métiers, mais les méthodes de for-mation sont proches.
Le recrutement des apprentis est préparé par des tests (surtout de contrôle des acquis scolaires, moins d’aptitudes) gérés par l’UIG pour le compte des entreprises; ils durent une après-midi. Les dossiers de candidature et de tests sont alors envoyés à toutes les entreprises sus-ceptibles et annoncées pour engager des apprentis dans les professions considérées, qui décident d’un engagement au terme d’une procédure complémentaire (entretien et évaluation de la motivation et des aptitudes par exemple). Il y a entre 130 et 150 candidatures pour les 35 à 40 places disponibles. Comme ailleurs à Genève, le responsable du CEP et les moniteurs constatent que le choix n’est que relatif, car beaucoup de candidats ont des lacunes scolaires importantes, notamment en maths. Le test est le même pour les cinq professions. Les candidats sont assez différents en termes d’âge (entre 16 et 20 ans) et de parcours scolaire antérieur. Certaines entreprises préfèrent engager des apprentis plus âgés, car plus matures, d’autres des jeunes sortant directement de scolarité obligatoire, parfois plus motivés et moins marqués par des échecs.

Pour les patrons, une formation de 1ère année à plein temps au CEP est un grand avantage : les apprentis connaissent le b a ba du métier lorsqu’ils commencent leur 2ème année dans l’entreprise, qui n’aurait plus elle-même le temps (ni parfois les équipements) pour le faire. Les apprentis sont « opérationnels » et relativement « indépendants » au bout de cette année, et ils ont une base de compétences commune, indépendante des spécialisations de leur entreprise. Si le CEP n’existait pas, il est probable que les entreprises recruteraient moins d’apprentis, faute de pouvoir assurer ces apprentissages de base, y compris d’autonomie, de sens des responsabilités, de la sécurité, etc.
Dans la suite de leur formation, les apprentis des écoles de métiers sont davantage drillés dans les matières d’examen final que ceux du dual. Mais ces derniers s’intégreront mieux dans le monde du travail (plus facilement, plus rapidement). Ceux qui ont les meilleures notes d’examens ne sont pas toujours ceux qui sont les plus efficaces dans la pratique.
Après la 1ère année au CEP, les apprentis sont formés dans le cadre de stages internes dans différents départements de leur entreprise. En 3ème et 4ème année, des stages interentreprises sont organisés par l’UIG – ce qui permet de contourner en partie en tout cas leur spécialisation. Cette structure a été mise en place à l’UIG déjà en 1989, ce qui équivaut maintenant « aux réseaux d’entreprises », prévus dans la loi sur la Formation Professionnelle. Les apprentis formés en école de métiers ont moins de chances de connaître une telle diversité, qui soit en même temps proche de la pratique.
Toutefois, il existe des collaborations entre le CEP et le Centre de formation professionnelle technique (CFPT) du canton. Le CFPT est très bien équipé. Les apprentis du CEP peuvent y faire des stages pour y acquérir des connaissances pointues sur des équipements dont le CEP ou les entreprises ne disposent pas. A l’inverse, les apprentis à plein temps du CFPT peuvent faire des stages en entreprise. Il existe aussi une coopération pour la préparation des examens finaux. Il convient donc de parler aujourd’hui de complémentarité plus que de concurrence entre dual et plein temps.
Les apprentis formés à plein temps sont davantage intéressés par la poursuite d’une formation, notamment en HES, que ceux du dual.
En fin de formation, les taux de réussite sont similaires entre apprentis du dual et apprentis à plein temps (dans les métiers enseignés au CEP).
Le système dual confronte davantage les apprentis aux réalités de l’économie, du monde du travail, de l’entreprise. Ils ont davantage appris à se débrouiller, à affronter des situations inat-tendues. En général, une entreprise préférera engager un apprenti formé dans le système dual. Il bénéficie notamment d’une expérience professionnelle acquise dès l’apprentissage.
Dans une formation à plein temps (même sous statut dual comme au CEP), la coordination entre théorie et pratique est plus facilement réalisable. Le moniteur du centre peut notamment expliquer des points de théorie liés aux travaux pratiques. La coordination avec les cours pro-fessionnels n’est pas toujours possible, par exemple pour des questions de calendrier.
A plein temps, la formation peut être en partie donnée « à la carte », selon les capacités des jeunes. Les apprentis ont aussi la possibilité de se soutenir mutuellement.

Jacques Amos